Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

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Je t'en veux, je t'aime.
lundi 20 juillet 2009

Bonjour Alice, Bonjour Brigitte!

Voilà, je viens de finir un livre de isabelle filliozat, une psychothérapeute qui va vraiment dans votre sens, alors moi ça m'interesse! j'avais déjà un de ses livres que je trouvais pas mal, ils sont tellement rare les psy comme vous! alors j'ai vu un des titres de cette thérapeute "je t'en veux , je t'aime", je voulais savoir de quoi cela parlait! ce livre commence bien, toujours du côté de l'enfant, vraiment. j'arrive presque à la fin et ce que je redoutais étais bien écrit! elle fait tout pour que le client voit la vérité ce qui est bien, mais je ne comprends pas pourquoi, elle fait tout pour une réconciiation avec le parent, pardonner! alors là la petite fille en moi s'est bien, mais qu'est-ce que ça veut dire, elle est de mon côté ou pas! je n'y comprends rien. moi j'ai mis du temps pour en arriver là à voir et elle elle demande d'aller voir ses parents d'écrire des lettres (pour une meilleure relation, pour la famille etc. mais qui demande le pardon? ) et surtout il faut bien savoir tourner sa lettre car le parent pourrait se sentir agressé! et l'enfant lui qui a tant souffert????? alors une phrase s'est mise dans ma tête: c'est du travail de sape! ces groupes pour faire sortir les émotions rime à quoi au juste???

alors je suis allée sur son site, je voulais savoir qui elle était, comment elle s'en était sortie, y'a rien pratiquement. et j'ai compris: elle même a pardonné, elle ne peut qu'aller dans ce sens là: faites comme moi!

c'est bien triste de voir que des gens qui se disent du côté de l'enfant, et des professionnelles en plus, n'aillent pas jusqu'au bout et sont dans l'ambivalence..

merci Madame miller d'être ce que vous êtes, ça fait du bien de ne pas se sentir seule!

Réponse de Brigitte :

Vous avez très bien discerné l’aboutissement de la thérapie chez Isabelle Filliozat. Elle nous a transmis un travail formidable sur la connaissance des émotions des enfants jusqu’à nous faire ressentir nos propres douleurs de jadis quand nous étions malmenés par nos parents.

Selon beaucoup de thérapeutes formés à l’intérêt des émotions, ils pensent qu’en faisant travailler le client sur son impuissance d’enfant face à l’autorité parentale en lui permettant d’exprimer ce qui lui était interdit jadis, il peut ensuite retrouver un lien dépourvu de ressentiment avec son parent. Cet accompagnement là est un indicateur que votre thérapeute est resté dans la crainte des parents s’il voit et dénonce toute la vérité. Ce qui est plus grave, c’est que par cette peur on laisse croire au client qu’il suffit de vivre ses émotions refoulées dans le cadre protégé de la thérapie pour qu’ensuite vous puissiez avoir une relation « d’adulte à adulte » avec vos parents. Ce qui veut dire que cet enfant qui a souffert jadis, il n’existe plus, il ne souffre plus parce qu’il a fait une thérapie !!! C’EST FAUX.

Cet enfant meurtri nous accompagne jusqu’à la fin de notre vie, il devient même notre meilleur allier si on lui laisse la place et l’écoute dont il a besoin à chaque fois qu’il manifeste un malaise dans une situation qui réveille une mémoire de danger ou de désagrément. Ainsi, l’adulte peut prendre la place de protecteur de cet enfant qui n’a pas été protégé quand il en avait besoin et faire le nécessaire pour satisfaire ses vrais besoins.

Le travail d’ Alice Miller est entièrement basé sur cet enfant qui vit en nous et qui est là pour nous dévoiler notre histoire depuis même notre conception si on n’a pas peur de la ressentir. Dans ce processus qui s’installe, on découvre aussi une sensation nouvelle qui avait disparu pour la plupart d’entres nous, c’est l’empathie pour l’enfant qui a souffert de ses JEUNES parents qui ne l’ont pas compris ni respecté et qui continue à survivre dans notre corps. C’est grâce à cette empathie que l’on peut rester fidèle à cet enfant que l’on fût et que l’on a été obligé d’abandonner. BO

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