Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

Information de contact

JANVIER 2010

DéCEMBRE 2009

NOVEMBRE 2009

OCTOBRE 2009

SEPTEMBRE 2009

AOûT 2009

JUILLET 2009

JUIN 2009

MAI 2009

AVRIL 2009

MARS 2009

FéVRIER 2009

JANVIER 2009

DéCEMBRE 2008

NOVEMBRE 2008

OCTOBRE 2008

SEPTEMBRE 2008

AOûT 2008

JUILLET 2008

JUIN 2008

MAI 2008

AVRIL 2008

MARS 2008

FéVRIER 2008

JANVIER 2008

DéCEMBRE 2007

NOVEMBRE 2007

OCTOBRE 2007

SEPTEMBRE 2007

AOûT 2007

JUILLET 2007

JUIN 2007

MAI 2007

AVRIL 2007

MARS 2007

FéVRIER 2007

JANVIER 2007

DéCEMBRE 2006

NOVEMBRE 2006

OCTOBRE 2006

SEPTEMBRE 2006

AOûT 2006

JUILLET 2006

JUIN 2006

MAI 2006

AVRIL 2006

MARS 2006

FéVRIER 2006

JANVIER 2006

DéCEMBRE 2005

NOVEMBRE 2005

OCTOBRE 2005

SEPTEMBRE 2005

AOûT 2005

De Dolto à Miller
mercredi 08 avril 2009

Chère Madame Miller

Au sujet de ma conférence de ce 21 mars, je voulais vous apporter quelques précisions : le public (64 personnes finalement) était hétérogène : éducateurs, infirmières, puéricultrices, deux médecins, parents et grands-parents, trois jeunes étudiants.

Les réactions ont été dépourvues d’hostilité, comme je vous le disais ; au cours de l’exposé quelques réticences s’étaient tout de même manifestées. (Mes amis répartis dans le public m’en ont fait part).

Les questions sur lesquelles nous avons le plus débattu étaient celles-ci :

Que pensez-vous de la résilience ?

Pourquoi certains enfants frappent-ils leurs parents ? Comment doit-on se conduire avec les « enfants-rois » ?

Comment briser le cycle de la violence ?

Comment peut-on retrouver l’enfant en soi ?

Ne faudrait-il pas créer des écoles des parents ?

Certaines personnes -des hommes surtout, ce qui est nouveau- sont venus me remercier après le débat (qui a duré environ une heure après 1h 20 d’exposé).

J’ai choisi de commencer par Françoise Dolto parce que j’avais remarqué, lors de mes cours, que cet exposé initial constituait une sorte de préparation psychologique à une remise en question beaucoup plus radicale de l’éducation traditionnelle, à laquelle vos livres nous invitent.

Comme je vous le disais au téléphone, j’apprécie certains aspects de ses conceptions de l’enfance, entre autres :

- Sa reconnaissance des besoins du tout petit : sécurité, amour, authenticité, vérité, « il n’y a rien de pire, pour un enfant, que de perdre le sentiment de sécurité existentielle ».

- La valeur qu’elle attache à l’enfant et à l’adolescent qui sont porteurs d’avenir, de créativité, la société ne reconnaissant pas cette créativité et ne pouvant ainsi pas progresser.

- La souffrance de l’enfant doit pouvoir s’exprimer et être entendue par un adulte compatissant, sinon, il va se replier sur lui-même et perdre sa capacité d’empathie, pour lui-même et pour les autres.

- L’éducation ressemble plus à un dressage d’animaux qu’à l’accompagnement de petits humains.

- Il n’y a pas besoin d’éduquer quand on est soi-même authentique.

Mais Françoise Dolto n’a pu lever qu’une partie du voile en restant attachée aux théories freudiennes d’ambivalence de l’enfant, du complexe d’Œdipe. Ce qui crée un fossé entre elle et vous. Peut-être, en vous lisant, aurait-elle pu le franchir ! J’aime à l’imaginer…

Le 13 février dernier, j’avais fait un exposé sur le stress devant un public plus restreint (une vingtaine de personnes) pour une petite association de la région. J’ai commencé par les aspects neurologiques (que j’ai abordés aussi le 21 mars) et commenté ensuite longuement les méfaits de l’éducation en évoquant vos travaux et le dernier livre d’Olivier Maurel. J’ai été agréablement surprise par l’adhésion de tout le public (une seule personne a exprimé quelques doutes mais a montré malgré ceux-ci un intérêt certain pour le débat qui a duré 1h 30). Pour la première fois, cette question fort pertinente m’a été posée : « comment se fait-il que les médias, les formateurs, ne nous informent pas de ces connaissances si importantes ? » les personnes ont exprimé une indignation légitime de ne pas avoir eu accès plus tôt à ces découvertes, ce qui leur aurait évité, ont-elles dit, bien des erreurs en tant que parents et enseignants.

Tout ceci m’encourage à poursuivre mon travail avec enthousiasme. Je continue à réfléchir aux différentes façons de présenter votre œuvre pour que les messages qu’elle véhicule soient entendus par le plus de monde possible. Si vous avez des idées à me communiquer, j’en tiendrai compte très volontiers.

Le fait que nous soyons plusieurs individus et plusieurs associations à nous mobiliser est aussi très encourageant, je pense qu’il en est de même dans de nombreux pays et sans doute, dans certains, pour une action de plus grande envergure.

J’espère que, malgré les fréquentes sollicitations qui vous sont adressées, vous avez du temps pour profiter de la vie, pour vous réjouir de votre œuvre, des fenêtres qu’elle a ouvertes sur la possibilité d’un monde où l’humanité pourrait cette fois vraiment se redresser et vivre en paix, heureuse d’être ce qu’elle est.

Avec l’expression de toute ma reconnaissance et d’un profond sentiment d’amitié.

F C

AM: Merci beaucoup pour votre lettre. Je suis contente que vous réussissiez apparemment à entrer en contact avec des auditeurs attentifs et à éveiller leur intérêt. Je suis également très contente que vous ayez percé à jour l’aspect destructeur des théories freudiennes, ce que Dolto n’avait malheureusement pas détecté. Autrefois, je pensais qu’une école des parents pourrait aider à briser la chaîne de la violence mais avec le temps, je suis devenue plus sceptique parce que je vois clairement que l’on ne peut pas apprendre l’empathie pour son enfant par des livres ou des conférences, tant que les souffrances de sa propre enfance sont totalement niées. Je pense que l’empathie authentique s’éveille seulement avec l’accès à sa propre histoire. Sinon, la peur des parents, refoulée, donc inconsciente, se transforme en haine à l’égard de son propre enfant, malgré les informations intellectuelles. Qu’en pensez-vous ?

Haut