Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

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Est ce que la période de deuil peut durer des années entières?
Saturday 14 June 2008

Bonjour,

J'ai découvert Alice Miller dernièrement, son site et les différentes lettres par la même occasion, et je me retrouve complètement dans ses propos. Je suis en thérapie avec un psychothérapeute qui prône les mêmes idées et tient un discours similaire d'où une avancée concrète et rapide dans ma thérapie.
Cependant, j'ai la sensation que mon inconscient ne l'entend pas de la même oreille. Je suis tombé en dépression il y a plus d'un an (d'où le début de ma thérapie), et je ne parviens pas à en sortir complètement : j'ai stoppé le traitement il y a plus de 3 semaines aujourd'hui car je sentais que c'était le moment mais les alertes sont encore nombreuses, comme si mon inconscient se nourrissait de la maladie à la recherche de quelque chose (j'obtenais d'"affection" de ma mère uniquement lorsque j'étais malade ou absent ! Il n'y a pas de hasard dans la vie). De même, mes névroses (psychoses sur l'acné et la laideur) sont encore omniprésentes et je ne parviens pas à vivre une relation sentimentale avec une femme (j'ai la sensation que l'amour m'est interdit et que mon inconscient refuse la relation avec une autre femme ou en a peur car transfert de ma mère).
J'ai conscience que le petit enfant qui est en moi est meurtri (abandonnique et ce, à cause des parents) et qu'il n'obtiendra jamais ce qu'il désire (soit l'affection de mes parents), que je dois, moi en tant qu'adulte, l'aimer, le respecter et le rassurer mais tout cela ne suffit toujours pas.
J'ai la sensation d'être envoûté par ma mère (malgré avoir rompu les liens avec mes parents, ma famille et mes amis d'enfance car tous sont toxiques), et je me culpabilise encore régulièrement. Je ne parviens pas à casser ce lien inconscient si destructeur pour moi (je ne vis pas libéré).
Je pense avoir traversé les phases de haine et de colère vis-à-vis de mes parents (période éprouvante et intense émotionnellement, j'étais sur les nerfs et très énervé), et vis actuellement une grande période de tristesse (la sensation d'être envoûté par ma mère me crispe, me fragilise et me rend profondément triste mais pour le moment je ne retombe pas en dépression - la culpabilisation ne reprend pas complètement le dessus). Mon thérapeute prétend que je suis en phase de deuil et je veux bien l'admettre mais cela est bien moins certain lorsque je me sens vaciller (les souvenirs du passé affluent). Il me dit que la période de deuil peut durer des années entières mais j'espère que cela ne sera pas aussi éprouvant et intense émotionnellement qu'actuellement et surtout que petit à petit je vais pouvoir vivre de plus en plus librement (avoir des relations intimes concrètes au cours desquelles je découvrirai enfin ce que signifie l'AMOUR et me sentir autonome dans mes actions).
D'après les différentes expériences que vous avez vécu auprès de vos patients, cette phase de deuil prend-elle fin un jour, devient-elle déjà moins difficile à vivre ?

Merci à vous,

Réponse de Brigitte:

Une thérapie réussie n'enferme pas la personne dans la tristesse, encore moins durant des années. Sauf si le thérapeute ne s'indigne pas devant les traitements que vous avez reçus, sans épargner vos parents, pour que vous puissiez vraiment voir et sentir qu'ils ne valaient rien. Ils vous ont déjà volé votre santé et votre vie sentimentale, vous n'avez pas besoin de leur sacrifier votre vie en vous culpabilisant de vous avoir atrocement endommagé.BO

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