Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

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L'impuissance des professeurs
Sunday 16 March 2008

Bonjour Madame Miller,
je suis enseignante et je voudrais réagir à votre message concernant « la gifle donnée par un enseignant à son élève qui l’avait traité de connard ».

Ayant moi-même été un enfant battu, et révolté par ces faits, je réprouve complètement la violence comme outil d’éducation.

Cependant, comme enseignante (en CM2) avec des élèves qui sont extrêmement violents entre eux (insultes graves, bousculades dans les escaliers, coups de pieds, et bagarres sont quotidiens), je me sens souvent dépassée et démunie pour gérer tant de violence. Certains enfants sont très violents parce qu’ils sont eux-mêmes victimes de violences à la maison. Nous essayons alors de les aider par le rappel de la loi, la discussion, la réflexion, et même si c’est difficile, on arrive à les faire progresser.

Mais d’autres élèves sont extrêmement violents par mimétisme avec ce qu’ils voient dans leur cité, parce que les caïds sont violents et sont reconnus comme des chefs. Leurs camarades sont fascinés par ce qu’ils osent faire, et ne protestent même pas (notamment les garçons) quand ils en sont victimes. Et on a beau contacter les parents, ceux-ci ne prennent aucune mesure pour faire comprendre à leur enfant la gravité de leurs actes et paroles. Nous ne sommes pas soutenus dans notre volonté de transmettre les règles. Et alors, ces enfants se fichent complètement de ce qu’on peut leur dire.

Avec ces derniers, il m’arrive parfois d’avoir des réflexes violents que j’ai du mal à réprimer, car je suis très énervée et je ne sais plus quoi faire.

Le problème me semble très grave, et sous-estimé autant par la communauté éducative que par le ministère de l’Éducation Nationale.

Je suis persuadée que toute violence donnée va être multipliée, et plus on attend plus le problème s’amplifie.

Je voudrais vraiment savoir quoi faire pour aider les enseignants à gérer ces problèmes, comment prévoir des lieux où les élèves violents soient accueillis, en dehors des classes, pour traiter le problème, et protéger leurs camarades qui ne devraient pas avoir à subir ces violences quotidiennes. À l’école, les enfants sont les premières victimes des élèves violents, et je voudrais être en mesure de les mettre à l’abri.
Pouvez-vous m'indiquer si vous avez des pistes ?
Merci d'avance.
Cordialement.

Réponse de Brigitte:

Je viens de mettre en ligne un témoignage ressemblant au votre, intitulé:"Les professeurs des écoles face à la réalité" et vous pouvez lire ma réponse qui peut vous aider. Malheureusement, je n'ai pas de recettes miracles à vous proposer tant que la société toute entière nie les conséquences de la violence éducative que vous subissez ensuite en tant qu'enseignant. Peut-être que vous pouvez distribuer les tracts qui sont à votre disposition sur ce site à la rubrique "tracts" à vos collègues, mais vu qu'ils sont aussi des parents qui frappent peut-être leur enfant, ou qu'ils ont été frappés par leurs propres parents il se peut que vous soyez confrontée à des vives réactions.
Bravo pour votre courage à considérer cette réalité comme étant l'expression de la souffrance de l'enfant et pour votre discernement. BO

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