Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

APRIL 2010

MARCH 2010

FEBRUARY 2010

JANUARY 2010

DECEMBER 2009

NOVEMBER 2009

OCTOBER 2009

SEPTEMBER 2009

AUGUST 2009

JULY 2009

JUNE 2009

MAY 2009

APRIL 2009

MARCH 2009

FEBRUARY 2009

JANUARY 2009

DECEMBER 2008

NOVEMBER 2008

OCTOBER 2008

SEPTEMBER 2008

AUGUST 2008

JULY 2008

JUNE 2008

MAY 2008

APRIL 2008

MARCH 2008

FEBRUARY 2008

JANUARY 2008

DECEMBER 2007

NOVEMBER 2007

OCTOBER 2007

SEPTEMBER 2007

AUGUST 2007

JULY 2007

JUNE 2007

MAY 2007

APRIL 2007

MARCH 2007

FEBRUARY 2007

JANUARY 2007

DECEMBER 2006

NOVEMBER 2006

OCTOBER 2006

SEPTEMBER 2006

AUGUST 2006

JULY 2006

JUNE 2006

MAY 2006

APRIL 2006

MARCH 2006

FEBRUARY 2006

JANUARY 2006

DECEMBER 2005

NOVEMBER 2005

OCTOBER 2005

SEPTEMBER 2005

AUGUST 2005

Retrouver son empathie.
Monday 03 March 2008

Chères Alice et Brigitte,

Il y a presque un an, je vous ai écrit. Vos réponses m’ont nourrie et bouleversée. Les livres d’Alice Miller m’avaient déjà sérieusement ébranlée.

Pendant cette dernière année, en thérapie (EMDR), j’ai pu parcourir mon enfance, ressentir, crier, et pleurer mes douleurs d’enfance, sans aucune censure. Et peu à peu, je me suis sentie de plus en plus pleine de compréhension pour moi-même. Peu à peu en déversant tout mon chagrin il y a eu comme une nouvelle disponibilité qui s’est faite. Je me sens bien plus ouverte et en même temps beaucoup plus alerte pour détecter les situations où je pourrais être abusée.

Il a fallut que je voie toutes ces blessures et leurs incidences dans ma vie pour pouvoir quitter cette culpabilité tenace de ne plus voir mes parents. Aujourd’hui, je n’éprouve plus une once de culpabilité envers eux. Je sais qu’avec ce que j’ai vécu avec eux, avec ce qu’ils continuent à être (vu les derniers échanges que j’ai eus avec eux), ils pourraient se réjouir que je me contente de ne plus les voir. Si je devais témoigner de mon vécu avec eux, ils mériteraient une incarcération, à vie ! (bien que je sais qu’un tribunal aujourd’hui leur accorderait peut-être encore miséricorde).

Je me sens libérée. Depuis que je ne m’astreins plus à faire ce qui m’était si désagréable (insupportable, en fait), j’ai l’impression d’investir en moi-même.

Je m’en sens rechargée et j’ai envie de partager ce trésor. Je suis si étonnée, moi qui n’aimait pas les enfants, qui craignait les adolescents, maintenant je les comprends et j’ai envie de les protéger, de leur épargner cette « pédagogie noire » ambiante. Je suis en train de changer d’orientation professionnelle et m’apprête à devenir nounou, moi qui ai une formation d’ingénieur. A terme, j’aimerais devenir thérapeute pour enfants ou pour jeunes.

En attendant, j’observe une chose qui m’émeut énormément. Depuis peu, les enfants viennent vers moi. J’en suis très honorée. Jamais je n’aurais cru que ça me serait arrivé et jamais je n’aurais cru l’apprécier. Et déjà, certains parlent et racontent des choses de leurs vies et de leurs difficultés en famille.

J’ai envie de devenir le « témoin lucide » que vous décrivez. J’ai envie d’être cet « avocat inconditionnel » des enfants. Mais je me rends compte que sans effort, déjà, je le suis un peu.
Je ne pourrais décrire ma gratitude envers vous.

Réponse de Brigitte:

Vous avez raison, un des bienfaits de sortir de la dépendance des parents destructeurs est que l'on sait prendre soin de notre souffrance d'enfant et par conséquent notre empathie naturelle peut renaître pour les autres enfants en leur donnant notre compréhension, notre respect et tout l'amour qu'ils méritent. D'ailleurs ils le ressentent vraiment et vous en avez la preuve, ils s'approchent de vous comme une alliée parce qu'ils ressentent que vous êtes de LEUR côté et non de celui de leur bourreau. Vous avez fait un très beau parcours et bravo pour cette réussite, bonne continuation à vous en réalisant vos beaux projets. BO

Haut