Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant

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La couleur du poison.
Monday 09 July 2007

Bonjour,

Pour résumer la situation: je suis la petite dernière d'une famille de 3 filles. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais 7 ans et comme mon père habitait en Belgique je devais lui rendre visite, seule car mes soeur étaient majeures, pour toutes les vacances scolaires. Mes relations avec mon père était très mauvaises. Il ne s'occupait pratiquement pas de moi et le dialogue consistait à des leçons de morales à outrance et un jeu manipulateur méchant envers moi et ma soeur ainée : comparaison physique entre moi et ma soeur du milieu (qui avait 9 ans de plus que moi) et entre ma soeur ainée et ma soeur du milieu, achat de très beaux cadeaux pour ma soeur du milieu, non-achat volontaire pour ma soeur ainée et moi, refus de présence au mariage de ma soeur ainée, oubli systématique de mon anniversaire. Je n'ai à cette période là reçu aucune écoute de la part de ma mère qui lorsque j'osais dire que je ne souhaitais plus voir mon père, me sermonait tout le temps: mais c'est ton pere quand même , si tu ne vas pas le voir il va arrêter de payer la pension alimentaire ... J'ai attendu d'avoir 18 ans pour pouvoir ne plus lui rendre visite et aujourd'hui je n'ai plus aucune relation avec cet être que je ne considère plus comme mon père, car il ne m'a jamais prouvé qu'il méritait ce statut. Je m'en porte beaucoup mieux.

Pour en revenir à ma mere, suite au divorce je me suis rapidement retrouvée seule avec elle, car mes soeurs avaient quitté la maison pour leurs études. Elle était en constante dépression et je me rappelle avec effroi ses sautes d'humeurs constantes. De plus, un enfant se devait d'obéir et j'ai eu également un épisode de pensionnat pour briser mon caractère un peu trop rebelle. En fait, je la fuyais comme la peste, j'étais douée à l'école et j'aimais quand d'autres personnes étaient à la maison car enfin j'avais le sentiment d'être un peu plus en paix et de pouvoir relacher ma tension. En effet, le soucis du paraitre dans ma famille était très grand, et l'atmosphère était moins lourde devant des témoins, je pouvais enfin sortir de ma chambre ...
Elle aussi faisait de la manipulation par rapport à mes soeurs - celle du milieu toujours à plaindre, la pauvre, et ma soeur ainée coupable à vie d'avoir arrêté son travail pour s'occupper de ses enfants, quand à moi j'étais classée comme: tu es le portrait craché de ton père, réflexion qui vu les circonstances avait le don de m'irriter au plus haut point.
J'ai finalement émigré au canada, et je pense aujourd'hui avec le recul pour la mettre à distance entre nous. Cependant, l'effet à été tout contraire, car malheureusement lors de ses visites chez nous elle devait rester lontemps ... Le coup de telephone du dimanche devenant très vite une institution, avec reproches à la clé si nous avions le malheur de le manquer. Cela fait 9 ans que je suis partie et nos relations se sont dégradées très fortement au fur et à mesure de nos rencontres. Surtout après les naissances de mes 2 garçons qui ont pour moi été une révelation quand a la façon dont j'ai été éduquée, pour mon bien . Par conviction profonde, je refuse toute violence physique et adhère à 100 % à vos réflexions sur la violence physique, verbale, psychologique. Je lutte contre mes acces d'humeurs qui, je le sais, sont inscrits malheureusement plus profond de moi. Mon conjoint m'aide beaucoup dans ce sens. J'ai déjà demandé pardon à mon petit garçon de 2 ans et demi car j'ai été consciente de lui manquer de respect. Je n'hésiterai pas à le refaire. J'espère que mes enfants sauront que même si leur maman n'est pas parfaite, elle est capable de reconnaitre ses erreurs. J'espère être assez lucide pour permettre à mes enfants de grandir autrement que dans la crainte mais dans la confiance, l'amour et le respect.

Donc, les dernières années, les rencontres avec ma mère ont été cauchemardesques avec des disputes très vives suite à des discussions sur le passé et des reflexions du genre: si c'était à refaire je referai exactement la même chose, un coup de pied au cul cela n'a jamais fait de mal a personne .... Réflexions que je prends évidemment comme des véritables coups de poignards. Une tension palpable avec des crises au moindre accident, lorsque nous sommes en retard pour les repas, lorsque les enfant ne mangent pas la soupe de poisson qu'elle a préparée. Elle a même annulé un voyage pour Noel organisé avec nous, bien sur, selon elle, par notre faute ... J'ai aussi asssité à un coup de pied retenu au dernier moment sur mon petit neveu , cette image me boulverse encore ... que serait-ce arrivé si nous n'avions pas été là ?
Par ailleurs, lorsque elle est chez nous, elle réclame souvent d'être seule avec les enfants sous couvert de nous aider (mais va faire tes courses, profites-en, je vais te décharger), ce que je refuse car je n'ai absolument pas confiance. Je suis également très sensible au termes qu'elle utilise - comme décharger. Évidemment, elle le prends très mal.
A sa dernière visite à Montreal, l'atmosphère a été si pesante pour moi, mon conjoint et donc les enfants, que j'ai décidé de ne plus la revoir et de ne plus lui parler. Je lui ai écrit une lettre où je lui expliquai que si elle ne changeait pas de comportement nous ne nous reverrions plus pour mon équilibre personnel et celui de ma famille. En réponse j'ai reçu une lettre dans un déni le plus total, en référence au passé avec soulignés certains bons moments (évidemment il y en a eu, ce n'est jamais tout blanc tout noir ...), avec bien entendu aucune remise en question pour le futur.
De plus j'ai également reçu ainsi que ma soeur ainée la lettre suivante. Cette lettre m'apparait extrêment malipulatrice et me mets très en colère, je pense que c'est par ce que elle me remet dans l'ambiance de mon enfance avec toute cette volonté de rendre l'enfant responsable et coupable de sa propre détresse, avec en toile de fonds une ambiance mélodramatique. J'aimerai savvoir ce que vous en pensez. Merci d'avance.

3 juin 2007 (fête des mères)
Des pleurs du coeur

Je pourrais mettre un terme à ma vie, je ne le ferai pas
Ecrire tout un bouquin, je ne le ferai pas par pudeur et par respect pour vous mes filles
A toi qui tourne les pages du livre de la vie, je te souhaite un parcours sans faute, sans faiblesses et sans faille pour - à l'épilogue - 30 ans plus tard échapper - PEUT-ÊTRE- au desamour d'enfants conçus dans l'amour, guidés avec plus ou moins de bonheur, chéris (tendrement), éduqués dans la mouvance du siècle, laissés libres de s'envoler où et quand ils l'ont voulu (mêm loin ...)
- Vous avez toutes trois donné un sens à ma vie- c'était dans l'ordre des choses.
- Il est devenu interdit : Je m'incline
-Mais, dans le non-sens quotidion de ma vie à moi brille et brillera toujours la flamme du souvenir

Maman

Réponse de Brigitte:

Merci beaucoup de nous confier cette lettre qui est un parfait modèle de pédagogie noire, tous les ingrédients y sont, en passant par la culpabilité, le chantage au suicide, la menace, la justification, la morale, ce qu'elle a attendu de vous, sa façon d'acheter votre pitié en vous faisant passer par une tortionnaire. Vous avez totalement raison, cette lettre est un ramassis de manipulation et de poison de la pire espèce. Heureusement que vous avez eu la force de ne pas vous faire aveugler et anesthésier par autant de pleurnicheries perverses qui n'ont pour seul but de vous maintenir dans un rôle de méchante fille destructrice et c'est précisément cela qui nous fait renoncer à nous défendre. Bravo pour votre courage, en cessant d'alimenter la perversion de votre mère, vous récupèrerez votre totale liberté. BO

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